Tout gamin déjà, je courais après les vairons dans les rigoles d'Auvergne. Puis sont venues les fritures de goujons et, bien sûr, la pêche de la truite. Au fil des années, j'ai pratiqué bien des techniques et recherché de nombreuses espèces, avec notamment une longue passion pour les carnassiers. Mais ce sont les eaux vives et la recherche de Dame Fario qui m'ont toujours le plus passionné.
Attiré depuis toujours par la nature, et chassant déjà en Sologne, c'est assez naturellement qu'après un passage au lycée agricole j'ai choisi de m'y installer comme paysan. Cette région de France, connue pour ses vastes forêts, ses terres sauvages et ses milliers d'étangs, était pour moi une évidence. Sur mes terres, je suis alors devenu, entre autres, éleveur de gibier et organisateur de chasses.
Les hasards de la vie et ses opportunités m'ont conduit par la suite en Haute-Savoie. De Solognot, je suis devenu montagnard, et je ne pourrais plus aujourd'hui imaginer mon quotidien sans avoir les sommets sous les yeux.
Depuis cinq ans, je suis résident permanent slovaque, domicilié dans les Basses Tatras. Le choix de vivre ici ne s'est pas fait par hasard. J'ai découvert le pays par mon épouse, puisque nous y venions régulièrement voir sa famille.
La Slovaquie étant un véritable paradis halieutique et cynégétique, la retraite arrivée, pas question pour autant de rester sans rien faire. Et puisque les deux domaines que je connais le mieux sont la pêche et la chasse, l'idée de partager ici mon expérience a assez vite fait son chemin.
Aujourd'hui, je suis guide de pêche et j'accompagne les chasseurs français dans la conception et l'organisation de leur séjour.
On me demande souvent ce qui me plaît en Slovaquie. Alors je réponds simplement :
« Connais-tu un endroit où un petit ruisseau coule pur, avec une petite route à son côté, des montagnes et des forêts tout autour… Un endroit où vivent encore des loups, des ours, des lynx, mais aussi des cerfs et des sangliers… Et au loin, on entend le clocher d'un village. »
La plupart des gens me disent que ça n'existe plus. Et pourtant…
Moi, j'ai ça à ma porte.